Paris – A l’occasion de son intervention en keynote au Forum Intel des
développeurs, Justin Rattner, Chief Technology Officer (CTO) de l’entreprise, a
proposé aujourd’hui à son auditoire une vision frappante du rapprochement entre
l’homme et la machine qui devrait s’opérer d’ici à 2050.
Il
a ainsi prédit d’importantes d’évolutions dans les domaines des rapports
sociaux, de la robotique et dans la capacité des ordinateurs à percevoir le
réel. Il a aussi déclaré que les laboratoires de recherche Intel étudiaient
déjà des interfaces humain-machine (IHM) et leur incidence sur l’informatique.
Il a également annoncé qu’il fallait s’attendre, plus tôt qu’escompté, à des
changements prometteurs :
«Notre secteur a accompli des progrès bien plus importants qu’on
ne l’aurait imaginé voici quarante ans. Certains pensent même que nous
approchons d’un point d’inflexion où le rythme des percées technologiques
s’accélérera de manière exponentielle et où, dans un avenir pas si lointain,
les machines pourraient même surpasser l’être humain dans ses capacités de
raisonnement. »
Couper
la dernière amarre : le courant sans fil
Dans un monde définitivement tourné vers la mobilité, qui n’a pas rêvé
qu’après la transmission sans fil de l’information, ce soit l’électricité dont
la desserte puisse s’effectuer sans cordon ? Il s’agit, par exemple, qu’à
l’arrivée dans un aéroport, un PC portable cesse d’utiliser sa batterie pour au
contraire se recharger. A partir de principes établis par des physiciens du
célèbre MIT (Massachussets Insitute of Technology), des chercheurs d’Intel
travaillent actuellement sur une liaison WREL (Wireless Resonant Energy Link).
Justin Rattner a ainsi pu effectuer la démonstration d’une ampoule électrique
de 60 watts qui reste allumée sans être reliée à une prise. Or cette
puissance suffirait amplement à un micro-ordinateur portable moyen.
C’est la magie de cette liaison qui assurera un jour la transmission
sans fil de courant, en toute sécurité et avec peu de déperditions. La
technologie en question s’appuie sur des résonateurs fortement couplés et
applique un principe physique similaire à celui qui permet à certains chanteurs
de faire voler un verre en éclat par leur simple voix. A la fréquence naturelle
du résonateur de réception, l’énergie est absorbée sans guère
d’affaiblissement, de la même façon qu’à sa fréquence naturelle, le verre
absorbe l’énergie acoustique. Appliquée par exemple à l’informatique nomade,
cette technologie rechargerait la batterie d’un PC portable lorsque celui-ci
arriverait à proximité du résonateur émetteur. Il reste bien sûr certaines
difficultés techniques à résoudre avant d’y parvenir, mais les chercheurs
d’Intel comptent bien trouver le moyen de couper la dernière amarre qui prive
encore l’informatique nomade d’une totale liberté.
Matière
programmable : des ordinateurs qui changent de forme
Des chercheurs d’Intel travaillent sur la capacité de micro-robots
baptisés « catomes » (mot-valise formé à partir des termes anglais claytronic
atoms). Intervenant à l’échelle nanoscopique et rassemblés par millions,
ils pourraient constituer des matériaux polymorphes. Si l’on s’en servait par
exemple pour fabriquer le boîtier, l’écran et le clavier d’un ordinateur, ils
pourraient permettre à celui-ci de changer de forme et s’adapter au contexte où
on l’utilise. Ainsi, un ordinateur portable pourrait se faire tout petit
lorsqu’on le transporte en poche, adopter la taille d’une oreillette quand on
s’en sert comme téléphone mobile ou encore s’aplatir et retrouver son clavier
quand il s’agit de surfer sur le Net ou de regarder un film.
Justin Rattner a admis que le programme de recherche correspondant n’était
pour l’instant qu’exploratoire et que l’objectif restait difficile à atteindre
— mais certainement pas impossible. Il a ainsi montré — et c’était une première
— les résultats de ces recherches, qui se concrétisent par une technique
originale de fabrication de demi-sphères de silicium par photolithographie,
c’est-à-dire le même procédé qui sert actuellement à la fabrication des puces.
Or cette technique est l’un des éléments indispensables à la réalisation de
catomes opérationnels. Elle autorisera l’intégration en un module de moins d’un
millimètre de largeur des composants mécaniques et de calcul indispensables
pour l’exécution des fonctions prévues. Elle est en outre compatible avec les
procédés existants de production en grande série et permettra à terme de
fabriquer des catomes en grande quantité.
Michael Garner, chef des projets de recherche Intel Emerging Materials
Roadmap, a rejoint Justin Rattner sur le podium. Il a souligné l’importance de
la recherche dans les technologies du silicium pour maintenir la validité de la
loi de Moore tout au long de la prochaine décennie et au-delà. Entre autres,
Intel envisage actuellement la possibilité de passer de transistors planaires à
des versions en trois dimensions ainsi que de faire appel à des matériaux
semi-conducteurs composites pour remplacer le silicium qui compose le canal d
ces composants de base. D’autres de ces travaux, prévus pour une concrétisation
à plus longue échéance, portent sur diverses technologies qui ne reposeront
plus sur la manipulation d’une charge électrique et qui seront susceptibles de
remplacer à terme les actuels transistors CMOS.
Robotique : de
la chaîne de montage à votre cuisine
Aujourd’hui, on trouve essentiellement les robots dans les
environnements industriels, où ils sont fixés au sol et prévus pour
l’accomplissement répété d’une seule et même tâche. Pour entrer dans nos
foyers, ils doivent d’abord apprendre à manipuler des objets dans un milieu
habité et dynamique. Ils doivent donc être capables de percevoir leur environnement
immédiat en détectant, en analysant et en interprétant les mouvements et les
déplacements qui animent ce contexte, et pouvoir s’adapter aux situations
nouvelles. C’est sur ces principes que Justin Rattner a présenté deux
prototypes de robots domestiques opérationnels, mis au point dans les
laboratoires de recherche d’Intel. Dans l’une des démonstrations qu’il
effectuées, il a montré la capacité d’un de ces robots à percevoir un objet
sans le toucher, grâce à un champ électrique produit par son mécanisme de
préhension. Il a fait remarquer qu’on trouvait ce mode de perception chez les
poissons, qui sont capables de « sentir » un objet avant même de le
toucher. L’autre robot était un modèle mobile et autonome, capable de
reconnaissance faciale ainsi que d’interprétation de commandes vocales aussi
imprécises que « Nettoie tout ça ! » Il utilise pour ce faire
des fonctions ultraperfectionnées de planification de mouvement, de
manipulation, de perception et d’intelligence artificielle.
Selon Justin Rattern, outre cette anthropomorphisation progressive des
robots, l’innovation technologique facilitera et renforcera les interactions
humain-machine. Randy Breen, Chief Product Officer de la société Emotiv
Systems, est monté sur le podium pour illustrer cette assertion par une
démonstration du casque Emotiv EPOC*. Celui-ci capte les ondes cérébrales de
l’utilisateur, les analyse en temps réel et en déduit la teneur de ses pensées
conscientes ou de ses actions inconscientes — expressions du visage, commandes
conscientes ou émotions — pour les matérialiser par exemple dans un jeu. En
pratique, lorsque l’utilisateur pense à soulever un objet ou sourie, son avatar
dans le jeu exécute ces actions. Equipé de seize capteurs, ce
« neurocasque » est actuellement capable d’effectuer une trentaine de
détections différentes.
Intel Corporation
(NASDAQ : INTC)
Numéro
un mondial du circuit intégré et du semi-conducteur, Intel met au point des
technologies, élabore des produits et entreprend des actions pour faire
progresser en permanence les modes de vie et de travail. Des informations complètes sur la société sont disponibles
sur le site Internet d’Intel à partir de la page www.intel.fr
(en français) ou blogs.intel.com
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